Habiter
« S’il y a un geste vital qui relève de l’entre-deux, du rapport entre soi et l’Autre, entre soi et d’autres figures de soi, c’est bien le geste d’habiter, d’occuper un espace, de s’y mouvoir et d’y rester, d’y arriver et de le quitter… Question de place, de déplacement, voire de placement.
La demeure est un trajet ou un sillage d’espacements : d’où vous vient-elle ? de vos parents ? de vos amis ? de votre effort singulier ? que deviendra-t-elle ? allez-vous la transmettre ? la transformer ? l’échanger ? pour suivre ailleurs votre voyage dans la ville ou sur la terre ? »
« … la demeure , on peut y aller, ou y rester, mais pas à demeure ; lieu de repos mais aussi de passage : on s’y recharge d’un peu de soi, de quelques gestes, de quelques rapports avec soi… posé, re-posé ; quelques signes de reconnaissance, et on repart, pour d’autres retours encore quand il n’y a plus à faire ailleurs, quand l’ailleurs s’est épuisé ou nous a épuisés. Alors on rentre, chez soi, se faire caresser à distance par ses objets, ses murs, son bout de terre surélevé appelé table ou lit, étage ou étagère… » Daniel Sibony
Avec les habitants du Quartier St Julien, Petit Quevilly.
Dans ce projet, le quotidien et l’urbain sont abordés par le prisme d'une démarche artistique qui intérroge les rapports que chacun entretient à l'espace et les objets. Prendre une loupe et focaliser sur des fragments intimes de chacun, sans voyeurisme. Plutôt comme une mise en exergue, une mise en valeur de ces petites choses qui mises bout à bout créent l’identité d’un quartier, chacun arrivant dans cet appartement vide avec son histoire, ses origines. Le lieu vide se transformera au cours des trois moi de ma présence en une installation plastique à l'échelle de l'appartement entier.