Plus de 600 cabanes représentent au Havre, d’avril à octobre, comme une ville dans la ville. Durant l’été 2014 j’ai rencontré neuf cabanistes, chacun me dévoilant son petit chez-soi cubique, espace intime et unique. J’ai fait le choix de la photographie et du portrait pour restituer ces rencontres. L’utilisation d’un appareil photographique argentique Mamiya m’a permis de réaliser des formats carrés 6x6, faisant écho au format carré des cabanes. Sur place, après avoir réalisé à quatre mains l’enveloppe de laine pour le galet, j’ai placé sur pieds le Mamiya face à la cabane : la boîte noire qui capture l’image de la boîte blanche. La boîte noire comme négatif de la boîte blanche. « Lock Unlock » évoque autant la cabane ouverte ou fermée, que le boîtier du Mamiya, sur le côté duquel cette inscription permet de le verrouiller ou le déverrouiller. Chaque cabane est une petite scène de théâtre où se joue et se rejoue les traces de l’enfance, la nostalgie du nomadisme : une réinvention du quotidien. C’est également un espace poétique intime qui se dévoile, dans la proximité des autres cabanes. « J’imagine, écrit G. Perec […] un immeuble parisien dont la façade aurait été enlevée […] de telle sorte que, du rez-de-chaussée aux mansardes, toutes les pièces qui se trouvent en façade soient instantanément et simultanément visibles ». Les personnages tentent de dérober leurs visages dans des gestes qui évoquent le désir d’anonymat, l’intention de se cacher comme le font les enfants, ou dans un geste réflex pour ne pas être éblouis par le soleil intense de l’été havrais.
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