photographies Accueil Direction artistique ScénographieCette série de photographies est le jeu du hasard et la rencontre de mon univers d’artiste plasticienne avec celui du musicien Brian Eno. En 1975, Brian Eno & Peter Schmidt créent «Les stratégies obliques». Il s’agit d’une boîte contenant 110 cartes, chacune de ces cartes contient une piste, une instruction, un principe basique destiné à relancer le travail créatif. Depuis quelques années, j’utilise ces cartes pour débloquer mes impasses créatives. Et puis il y a le hasard des circonstances, ce pull rouge que j’ai un jour détricoté et posé en grosse pelotte sur mon radiateur. Le hasard de ce soir de décembre 2008, où j’ai décidé de me prendre en photo devant ma fenêtre à Bruxelles, une vue sur l’extérieure face à laquelle je laisse souvent travailler mon imaginaire et mes réflexions. Le lieu aussi où j’ai souvent dû me confronter à ces impasses créatives. Et puis c’est instauré comme un rituel, une “danse” avec la pelotte qui a donné lieu à 110 photographies, autant que de cartes dans le jeu de Brian Eno. Et encore une fois les joies du hasard, quand j’ai tiré les cartes à l’aveugle et que les phrases de Brian Eno sont venues, comme des soustitres, éclairer d’une couleur nouvelle et inattendue les images, révélant l’ambiguïté des apparences et de la signification des mots et des actes.
Vidéos InstallationsQuel est le point de départ des «Stratégies Obliques» ? Brian Eno : (Brian Eno montre des cartes) Ce sont justement des stratégies obliques. Il y a à peu près cent dix cartes dans le jeu. Une idée est écrite sur chacune des cartes. Chaque idée sert à vous aider à sortir d’une situation de travail délicate. J’ai recours à ce système depuis une trentaine d’années. Je m’étais rendu compte qu’en situation de pression, vous oubliez toujours vos meilleures idées. Et après avoir quitté le studio, vous vous dîtes «Mais pourquoi ne me suis-je pas souvenu de faire ceci ou cela ?». Donc j’ai commencé à établir une liste de ces choses dont je voulais me rappeler. Vous avez dit récemment que les ordinateurs n’étaient pas assez africains. Pourriez-vous développer cette idée ? Brian Eno : Les ordinateurs sont le reflet des hommes qui les ont développés. Et les hommes qui les ont développés vivent entièrement dans cette partie de leur corps (il montre sa tête). Donc l’acte physique d’utiliser cet objet (il montre la souris) me dégoûte. Ca me rend malade de l’utiliser, je pense que c’est une horrible machine. Quand je dis que les ordinateurs ne sont pas assez africains, je veux dire qu’ils n’impliquent aucune partie de notre corps dans un rythme physique, de façon excitante... Vous savez, nous avons ce truc ici qui s’appelle notre corps, qui a mis trois millions d’années pour arriver où il en est aujourd’hui et qui fonctionne vraiment bien. Et maintenant voilà qu’on arrive à cette machine qui n’a que 25 ans derrière elle et qu’on abandonne complètement cet outil-là (en montrant son corps). C’est complètement idiot. Je travaille tout le temps avec des ordinateurs et ça m’insupporte. Je me sens mourir quand je les utilise. Vous savez la raison pour laquelle les gens qui travaillent en permanence sur des ordinateurs pratiquent toujours des sports extrêmes ou bien sont sado-masochistes ? C’est parce qu’ils n’utilisent pas leur corps au quotidien. (rires dans l’assistance) Vous ne saviez pas ça ?
<<"Dans l'obscurité totale, ou dans une très grande chambre tout doucement" Collège Jules Verne, Dévillle, ,2008 La Passerelle, IUFM Rouen, 2009 Light Cube Art Galery, Ronse, 2011